Nature, écologie ou environnement?

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À LiberBed, nous appuyons nos actions sur certains repères théoriques afin de rendre intelligible le monde qui nous entoure. Les mots que nous employons ne sont ainsi pas anodins et portent des concepts que nous pensons différents. Essentielles pour comprendre la complexité des enjeux socio-psycho-écologiques, les notions de nature, d’écologie et d’environnement se construisent avec notre relation au monde, au quotidien. Si elles sont toutes l’objet de l’interprétation de l’univers qui nous entoure, leur conceptualisation comporte bien des différences.

La Nature est notre relation première au monde, l’Homme étant un être de nature. Il s’agit de la vie sauvage, le Monde agissant de lui-même, existant et évoluant indépendamment de l’Homme. La Nature se retrouve partout (naturalité d’un milieu, besoins naturels d’une personne, nature humaine…) et est indéfinissable dans l’espace (infiniment grand et petit à la fois) et dans le temps. Tout comme l’environnement, elle est sujet à l’interprétation et chaque société entretient un rapport particulier avec elle. Elle est enfin à la source de nos interrogations sur le monde, ayant contribué, entre autres, dans nos sociétés occidentales au développement des sciences.

L’une de ces sciences est justement l’écologie. Elle étudie l’ «oïkos», la maison de vie, par les relations qui peuvent exister entre ses composantes biotiques et abiotiques. L’écologie est une science relativement récente s’appuyant sur l’ensemble des sciences de la Terre (biologie, chimie, géologie, etc.) cherchant à comprendre le fonctionnement de la biosphère.

Ces deux premières interprétations du monde viennent en enrichir une troisième, l’environnement. C’est un concept basé sur des représentations sociales, à la confluence entre la nature, l’écologie et la culture. Ce concept a vocation à être utile à la gestion de notre milieu de vie mais aussi à l’épanouissement et à l’identification personnelle.

Pour résumer, la nature serait le monde agissant hors de la volonté de l’Homme, ce dernier l’étudiant par le biais de l’écologie. Ces connaissances entremêlées avec la culture des sociétés forme l’environnement.

Carnet de bord: mardi 23 août

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La semaine dernière était placée sous le signe de l’art chez LiberBed. Le Roi Arthur a en effet accueilli à son bord Estelle et Anne, deux comédiennes de la compagnie Compos Sui et profondément océanoptimistes.

Dès leur arrivée, nos nouvelles recrues se sont empressées de proposer aux habitants et vacanciers de Port-Louis une création théâtrale originale, mêlant humour et réflexions environnementales. Si cette expérience était pour elles une première – nos nouvelles moussaillones ont plus l’habitude de jouer sur scène que dans la rue –, c’était également une première pour l’Océanoptimisme que de proposer du théâtre comme outil d’éducation à l’environnement. Un baptême réussi pour elles, pour nous, et surtout pour les spectateurs, ravis de la prestation.

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Anne et Estelle, en pleine représentation de leur pièce «On se voit demain?»

Après la rade de Lorient, nous nous sommes rendus sur l’île de Groix, où nous étions attendus pour participer à son fameux Festival international du film insulaire – FIFIG. C’est sous un soleil resplendissant et dans un port magnifique que nous avons proposé nos animations. Au programme liberbedien : des balades nature, le «T’es toi et parle de ta mer» et, grande nouveauté, un cadavre exquis, exercice de création littéraire collaborative «à l’aveugle» dont le résultat est retranscrit ci-dessous! Mais ce sont sans conteste les contes de la mer proposées par Estelle qui ont remportée le plus de succès. Sur une digue, une place et même dans une yourte, notre conteuse a transporté trois soirs de suite petits et grands dans une merveilleuse escapade onirique.
Tous ces moments ont été rendus possibles grâce à un accueil absolument remarquable de toute l’équipe du festival : un grand merci à Sylvain pour avoir organisé notre présence, à Marion pour son aide à la communication, à Laurent et à ses techniciens pour leur soutien technique, ainsi qu’à tous les bénévoles pour leur travail essentiel, notamment à la restauration! Rendez-vous l’année prochaine?

 De retour sur le continent, place à l’imprévu. Notre prochaine participation officielle à un événement n’ayant lieu que les 17 et 18 septembre à l’île d’Yeu, nous caboterons les prochains jours vers l’est et commencerons tranquillement à préparer la fin et la suite de l’Océanoptimisme.

À très bientôt !

L’équipage de l’Océanoptimisme.

PS : comme promis, le cadavre exquis groisillon! :

Il était une fois ta mer à Groix,
qui n’était pas bien chaude, mais si belle,
que les araignées étaient bonnes à ramasser.
Elles nous font peur, l’hiver!, et pourtant,
vivantes et pétillantes, les langoustines attendaient sagement l’heure du
repas de l’ogresse qui se compose de petits enfants restés à jouer sur les
rochers. À coté de ces rochers, je contemple l’océan et son immensité qui me semble vierge et
libre. Libre à vous, à vous, à vous! À vous de, à vous deux,
de choisir entre saumon papillotte et saumon fumé… Mais
alors… Alors ce sera bleu mer.
«Mer», ou plutôt ta «mère», ça dépend de ta maîtrise de l’orthographe.
Mais, moi, je lui avais déconseillé de continuer à vivre à Groix, ça manquait
de poisson rouge, de vin blanc et
de pommes vertes et juteuses d’écume.
La beauté d’une godille qui fend la mer jusqu’à son
arrivée au port sans appendice, j’entends Servat, Leprest, Tonnerre!,
les hélices dansantes qui nous emmènent au large et nous suivent
à vie, à mère, amer, amère, à terre, à Port-Lay,
laids et à la fois tellement attachants. Il se trouve que, justement,
ceci les rendait
de bien fière allure,
un sourire en coin,
l’oeil malicieux.

Une journée sur le Roi Arthur

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La vie à cinq sur un voilier de 11m50… Beaucoup diront «Bon courage!». En effet, c’est du travail, mais c’est avec joie que je vais vous décrire une journée type dans la vie de l’Océanoptimisme.

Commençons par une petite présentation de l’équipage. Il y a Tony, notre capitaine, guitariste à rouflaquettes; Bat, notre second, accordéoniste et homme de ménage de compétition; Paulin et Yenyen, nos deux blonds à la crème solaire 50+ et cuistos de l’extrême, capables de nous faire à manger alors que la mer est déchaînée; et Sarah, l’apprentie harmoniste, manœuvre de port et adepte du pisse-debout.

Rentrons maintenant dans les coulisses du bateau:

Tous les matins un réveil sonne. Allez il est temps de se lever… Ça fait déjà cinq fois que le téléphone snooze, il est neuf heures et on a un milliard de choses à faire aujourd’hui. Il y en a toujours un qui se lève le premier pour faire chauffer le café et le thé. Le plus souvent, il faut le dire, c’est Tony qui s’y colle et de nous préparer avec un bon petit déj’ (tartines, crêpes, toast au miel citron….). Dès le matin, le capitaine prend soin de son équipage. Il faut savoir que nous avons tous les jours une bonne quinzaine de minutes de retard. Vite vite vite, il faut revêtir nos habits de pirate, tout en sachant qu’il n’y a aucune intimité sur un bateau. C’est l’occasion de faire notre gymnastique matinale pour essayer de s’exhiber le moins possible. C’est aussi le moment des questions existentielles: «Qui a du dentifrice?»; «Qui a vu mon caleçon?»; «Vous avez pris la crème solaire?», «Où est Bat?» – généralement perdu aux WC… Sur le bateau vit avec nous un toupideck – sorte de korrigan – qui nous joue sans cesse des tours en nous cachant régulièrement nos affaires…

C’est bon, nous sommes prêts! Nous montons en place notre stand de bambous et de filets de pêche, parés de pinces à linge, de photos et d’affiches. Bat et Yenyen affrontent les gens en duel sur des thèmes variés lié à la mer, tandis que Tony, Pauline et Sarah partent avec des petits groupes à la découverte d’une plage plein de trésors! Tony fait voyager les moussaillons les yeux bandés sur le sable plein d’embûches quand Pauline et Sarah, à la longue vue, recherchent leur perroquet en fugue. Quelle aventure!!!

Midi, il commence à faire faim. Bat est le meilleur en récupération de nourriture. Il s’éclipsera un peu avant la pause pour aller exhiber son beau sourire contre des restes de marché, des invendus des commerçants et de boulangeries. C’est toujours la fête quand il revient sur le stand le sac rempli, un peu comme s’il nous ramenait un trésor.

À la fin de la journée, nous revenons sur le bateau, le plus souvent accompagné de nouvelles personnes rencontrées sur le stand, pour un grand repas collectif et musical. Tony et Bat se font un plaisir d’animer le soir les terrasses des ports pour gonfler notre butin. L’heure du couché – bien mérité! – approche, nous choisissons notre couchette pour éviter la routine, même si Bat à une grosse préférence pour les bannettes du carré!

Le réveil retentit de nouveau le lendemain matin. Cette fois-ci pour effectuer un carénage, récupérer de la nourriture, préparer les animations, nettoyer la vaisselle sur le ponton, faire du ménage, bricoler le guindeau, courir et peut être éventuellement se laver!

Carnet de bord: jeudi 11 août

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Le 26 juillet nous mettons les voiles vers l’île de Houat pour une semaine d’animations nature et pour un week-end musical aux côtés des copains de la compagnie « famille Walili ». Pour cette aventure, le roi Arthur se change en navette pour amener amis et artistes sur « le caillou ». Des traversées qui ont offert des moments forts à tout l’équipage et de belle rencontres!

Sur l’île une faune et une flore riches et préservées nous accueillent. En période estivale, la dune est couverte d’un manteau jaune et blanc, c’est l’immortelle des dunes (Helichrysum stoechas) accompagnée de l’emblème de Houat, le lys maritime (Pancratium maritimum). Nous partons à la rencontre de ce territoire insulaire remarquable  par le biais de balades naturalistes et de balades sensorielles. Une première action estivale sur l’île que nous espérons réitérer l’année prochaine.

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Balade sensorielle sur la grande plage

Durant cette semaine, Bretagne vivante nous prête une exposition sur une espèce d’oiseau protégée et nicheuse sur l’île: le Gravelot à collier interrompu. Nous amenons alors les curieux à leur rencontre en salle et sur le terrain. C’est aussi l’occasion de proposer une réflexion et un débat sociétal grâce à la diffusion du film « Déconcertation » réalisé par l’équipe de l’atelier de cinéma populaire Grand Ensembe. Puis place à la musique, à la fête foraine et au théâtre de rue avec la famille Walili; de la bonne humeur, de l’énergie, un cocktail détonnant pour un week-end réussi.

L’aventure « walili-liberbed » se poursuit les 6 et 7 août sur la presqu’île de Saint Gildas de Rhuys. Nous installons notre stand à la pointe de Penvins, dans un cadre naturel des plus plaisant pour le festival « Fish, Swing & Caravanes ». Au programme, des balades nature peu nombreuses mais riches en rencontres et un photo-langage animé sous forme de duel nous permet d’amorcer le débat face à des sujets liés à la préservation de notre environnement littoral et maritime.Un grand merci au organisateurs de Fish,Swing & Caravanes qui nous ont réservé un accueil au poil.

 

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C’était comment la première fois avec ta mer Olivier?

Ces 15 jours nous ont permis de réfléchir et peaufiner nos animations et nous ont donné envie d’investir d’avantage l’espace public. Nous quittons alors la presqu’île pour rejoindre Belle-île-en-mer. Une dernière bouffée d’insularité avant de retrouver notre port d’attache à Locmiquelic afin de bricoler, nettoyer et créer de nouvelles animations.

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Sur la carène du roi Arthur,pas d’antifouling…à la place de l’huile de coude!

De la récupération alimentaire

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Depuis le début de notre aventure, nous faisons tout pour fonctionner en trouvant des alternatives à l’utilisation de la monnaie. C’est ainsi que pour nous nourrir, nous avons fait le choix de mettre l’accent sur la valorisation de produits alimentaires destinés à être jetés. En France, c’est environ 40% de la production de nourriture qui finit à la poubelle. Conscients de ce gaspillage systémique, nous souhaitons démontrer qu’il est possible de vivre et de faire vivre aux frontières de la société de consommation. Loin d’être une fin en soi, la pratique de la récupération permet de faire réfléchir au gaspillage tout en nous permettant de consacrer notre budget à d’autres dépenses, comme celles liées à l’entretien du bateau ou aux outils éducatifs.

Concrètement, à chaque escale, nous allons à la rencontre des commerçants, des restaurateurs et des producteurs afin de leur parler de LiberBed, de l’Océanoptimisme et de notre démarche de récupération alimentaire. Nous leur demandons ensuite s’ils n’ont pas dans leur stock des produits invendus ou invendables dont ils souhaiteraient se séparer pour nourrir l’équipage. La très grande majorité des personnes sollicitées reçoivent très bien notre demande et nombreuses sont celles qui nous offrent gracieusement de la nourriture. Des bouts de pain de fin de service aux kouign-amann artisanaux en passant par du vin, du chocolat, des fruits et des légumes, les trouvailles sont variées et nombreuses. Résultat: à ce jour, nous pouvons affirmer que plus de 90% de notre alimentation provient de ces généreux dons en nature. Lorsqu’il nous arrive d’en avoir trop, nous partageons la récolte avec les membres de passage ou avec nos voisins de ponton.

Du succès de cette démarche, nous sommes les premiers surpris. Cela démontre en tout cas que la générosité et l’altruisme sont loin d’être des valeurs oubliées, et que de nombreux commerçants préfèrent voir leurs produits valorisés que jetés à la poubelle. Un grand merci à eux!